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December 08, 2010

Motivators: Mali's Dr. Issa Berthe

 
Dr. Issa Berthe

 

Pour lire la version française, voir ci-dessous

This is the fourth in a series of interviews with participants at the Ministerial Leadership Initiative for Global Health’s Learning Collaborative Forum in Addis Ababa on motivation – what motivates them and how do they motivate others. Dr. Issa Bara Berthe, 36, is the chief of statistics and information division at the Ministry of Health in Mali.

Q: What motivates you?

A: When I was at university, doing my thesis and looking at the data from Mali, I realized the data was all very old. It was mainly statistics from the WHO or UNICEF from 1987, and this was data nearly 10 years old at the time. There wasn’t any fresh data. All the old data showed Mali as so far behind. I believed it wasn’t reflecting some of the advances we were making.

This is what really motivated me, inspired me to work for the Ministry of Health, particularly at the statistics and information unit, because there weren’t any good statistics. It was something I wanted to correct. And when I started to work there were so many problems. All these different types of statistics weren’t aggregated well, there wasn’t one source of information. We had problems to do the annual report for the Ministry, we didn’t have the data to show this. I had the opportunity to work with a French woman , a technical assistant in Mali at the time, and she helped build my skills in data and so forth. When she was there, we did an annual report for the hospitals. The Ministry found the report so good it wanted to do the report for future years.

Q: Why is gathering statistics so important to you?

A: I was really annoyed and upset when I would see Mali was so far behind. I had this pride in me to show that Mali was better than what the statistics were saying. When I was studying in Lyon, my colleagues in my program would always use Mali as an example that had some of the worst health statistics, among the highest in maternal mortality, and I would feel very upset by that.

Q: What motivates you now?

A: Now my motivation is to set up a functioning system for Mali and it is sustainable so it can be useful to decision makers and to the health system. Friends tease me, `Oh how many beds are in the hospital there, and what are your indicators,’ because they know I care so much about it. I also recognize that behind every number or statistic is a story. So those numbers in and of itself have power. I have understood over time that statistics have power because decisions are made with those figures.

Q: Do you have any examples where your data sparked change?

A: Recently, I was able to show that more professionals in health were working in the private sector than in the public sector. People always thought it was the other way around. We used these statistics to open up a discussion with the private sector to start involving them in our plans. We presented this information to four ministers in the government and it helped them understand that the private sector is very important, they have something to offer, and they should be more integrated into the system.

Q: How do you motivate others?

A: There are many different ways I motivate my colleagues. The first is that I share information among all of them. It’s really an understanding among all the colleagues that there isn’t a hierarchy, there is not a feeling like, `I am better than you.’ We take the time to share all the information among each other. I’ve also made a specific training plan for my division, so whenever there is a chance, we send different members of the teams for different trainings.

Every week when we have meetings, they rotate roles. Every week the head or the chair of the meeting changes, so everyone on the team has the chance to play that important role. Even though I am the head of the division, I want them to lead the meeting.

Q: Why do you do that?

A: Nobody lasts forever. I am very aware that one day I will leave, and those I leave behind should be able to do this work. I want to give everyone a chance to develop those skills so that I am not doing this just myself. When the day is done, I want everyone to become capable and competent to do the work.

 

 

Motivateurs : le Dr Issa Berthe (Mali)

Cette interview est la quatrième dans le cadre de notre série d’entretiens au sujet de la motivation avec des participants au Forum sur l’apprentissage entre égaux de l’Initiative du leadership ministériel pour la santé dans le monde à Addis Ababa – ce qui les motive et comment ils motivent les autres. Le Dr Issa Bara Berthe, âgé de 36 ans, est chef de la division des statistiques et de l’information au Ministère de la Santé du Mali.

Q : Qu’est-ce qui vous motive ?

R : Quand j’étais à l’université, et que j’examinais des données provenant du Mali dans le cadre de la préparation de ma thèse, je me suis rendu compte que ces données étaient toutes très anciennes. Il s’agissait essentiellement de statistiques de l’OMS ou de l’UNICEF datant de 1987, c’est-à-dire qu’elles étaient déjà vieilles de presque 10 ans à l’époque. Il n’existait pas d’informations récentes. Les vieilles données montraient toutes que le Mali était à la traîne. Il me semblait qu’elles ne reflétaient pas certains des progrès que nous avions accomplis.

C’est ce qui m’a vraiment inspiré, et motivé à travailler pour le Ministère de la Santé, particulièrement pour la cellule des statistiques et de l’information, c’est parce qu’il n’y avait pas de bonnes statistiques. C’était un tort que je souhaitais redresser. Et quand j’ai commencé à travailler au Ministère, il y avait beaucoup de problèmes. Tous les différents types de statistiques n’avaient pas bien été agrégés, il n’y avait pas une source d’information. Nous avions du mal à faire le rapport annuel pour le Ministère, nous n’avions pas les données nécessaires pour démontrer notre argument. J’ai eu l’occasion de travailler avec un Française, une assistante technique qui était au Mali à l’époque et m’a aidé à renforcer mes compétences en ce qui concerne les données et d’autres aspects des statistiques. Pendant son séjour, nous avons rédigé un rapport annuel pour les hôpitaux. Le Ministère a tellement apprécié le rapport qu’il a voulu que celui-ci soit a nouveau produit pendant les années à venir.

Q : Pourquoi vous est-il si important de recueillir des statistiques ?

R : Cela m’a vraiment agacé et contrarié quand j’ai vu que le Mali était tellement à la traîne. Ma fierté me poussait à montrer que la situation du Mali était meilleure que ce que les statistiques suggéraient. Quand j’étudiais à Lyon, les collègues de mon programme se servaient toujours du Mali comme exemple des pires statistiques sanitaires et comme ayant un taux de mortalité maternelle parmi les plus élevés, et ça me troublait énormément.

Q : Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui ?

R : Maintenant, ma motivation est de mettre en place un système fonctionnel pour le Mali qui soit viable et puisse être utile aux décideurs et au système de la santé. Mes amis me taquinent (« Oh, combien y a-t-il de lits dans cet hôpital, et quels sont tes indicateurs ? ») car ils savent à quel point j’ai tout cela à cœur. Je reconnais également que derrière chaque chiffre ou statistique se cache une histoire. Alors ces chiffres, en eux-mêmes, ont de la puissance. Avec le temps, j’ai compris le pouvoir des statistiques car c’est en se reposant sur elles que des décisions sont prises.

Q : Avez-vous des exemples de situations où vos données ont suscité des changements ?

R : Récemment, j’ai pu montrer que plus de professionnels de la santé travaillaient dans le secteur privé que dans le secteur public. Les gens ont toujours cru que l’inverse était vrai. Nous nous sommes servi de ces statistiques pour ouvrir une discussion avec le secteur privé et commencer à l’impliquer dans nos plans. Nous avons présenté ces informations à quatre ministres du gouvernement et elles les ont aidés à comprendre que le secteur privé était très important, qu’il avait quelque chose à offrir et qu’il devrait être plus intégré au système.

Q : Comment motivez-vous les autres ?

R : Je motive mes collègues de beaucoup de façons différentes. Premièrement, je partage les informations avec eux. Il y a vraiment une entente parmi tous les collègues selon laquelle il n’existe pas de hiérarchie entre nous, et personne ne pense être « meilleur que les autres ». Nous prenons le temps de partager toutes les informations entre nous. J’ai également conçu un plan de formation spécifique pour ma division, alors chaque fois que c’est possible, nous envoyons différents membres des équipes participer à différents ateliers de formation.

Chaque semaine lors de nos réunions, nous alternons les rôles. Chaque semaine une personne différente préside à la réunion, pour que chaque membre de l’équipe puisse avoir l’occasion de jouer ce rôle important. Bien que je sois le chef de la division, je veux qu’ils animent la réunion.

Q : Pourquoi faites-vous cela ?

R : Personne ne reste à la même place éternellement. Je suis tout à fait conscient qu’un jour je devrai partir et que ceux qui resteront après moi devront savoir faire ce travail. Je veux donner à chacun l’occasion de développer ces compétences, pour que mon travail ne soit pas que pour moi-même. En fin de compte, je veux que tout le monde devienne compétent et capable de faire le travail.

Other Motivators:

Amara Koroma, director of financial services, and Dr. Samuel A.S. Kargbo, director of reproductive health in Sierra Leone's Ministry of Health and Sanitation.

Khadka Bahadur Basyal Sarki, State Minister in the Ministry of Health and Population in Nepal.

Roman Tesfaye, director general of the Policy, Plan & Finance General Directorate in the Ministry of Health in Ethiopia.

Dr. Aminata Kanu, MLI country lead, Sierra Leone.

Dr. Bocar Mamadou Daff, director of reproductive health in Senegal’s Ministry of Health and Prevention.

Photo Credit Dominic Chavez