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December 03, 2010

Motivators: Senegal's Dr. Bocar Mamadou Daff

 
Dr. Bocar Daff

This is the second in a series of interviews with participants at the Ministerial Leadership Initiative for Global Health’s Learning Collaborative Forum in Addis Ababa on motivation – what motivates them and how do they motivate others. Bocar Mamadou Daff, 51, is the director of reproductive health in Senegal’s Ministry of Health and Prevention:

 Q: What motivates you?

A: That starts with my background. I come from a rural area and there were many health problems there. So people in my community where I grew up weren’t even aware of modern medicine. They were using all traditional medicine they could find and when it wouldn’t work, they would go very  far in search of modern medicine. 

I had a sister who was very, very sick for 15 days and she was yellow in color. People were saying this was caused by the devil. I asked my teacher what was wrong, and he said, `You need to take her to a health post.’ (He paused, and his eyes began to well with tears.) I didn’t know what to do, but the next day, I spoke with my mother and she took my sister to the center, thanks to the information I got from this teacher. I was very, very close to this sister who was sick. Other brothers and sisters were much older than I, and so I was always together with this sister. I became a believer of modern medicine, and thankfully, I was able to study it and I’ve been able to go far in my work and help other people.

It is an obligation to me now, a moral obligation, to help others. Every night, I have to ask myself if what I am doing is good. Is my work going to help the poorest populations? Are there going to be other people like my sister who are going to die, or deliver their children in way that is dangerous? I’m very happy to do my work. I have a team who I work with and my job is to be able to reassure them and motivate them to do good.

 Q: How do you motivate them?

The most important thing is to show them I value what they are doing. It’s important to let them understand in every act they perform, every task they have, they are making important decisions -- ones that can lead to saving lives, or if they are making errors, they should not make those errors again. We are also now in the process of building our team. The construction of a team is very important in terms of having a united vision.

Q: What do you look for when you hire a person?

 A: What’s most important in this field in public health is do they have the human touch? Are they able to listen to others and value what they tell them? Is he or she willing to give up himself to help others? For me, that is most important.

 Q: Is it hard to find someone who fits that definition?

A: It is difficult.  What I’m looking for requires someone who is emotional and empathetic. It is difficult to find that empathy, because in actuality what most people are searching for in a job is money. And life goes well beyond individual comforts.

 Q: What happened to your sister?

 A: I’m very happy to tell you that my sister, Diary, is still with me. We speak every day. It’s very good. I owe it to that teacher.

 

 

Motivateurs : le Dr Bocar Daff (Sénégal)

Cette interview est la deuxième dans le cadre de notre série d’entretiens au sujet de la motivation avec des participants au Forum sur l’apprentissage entre égaux de l’Initiative du leadership ministériel pour la santé dans le monde à Addis Ababa – ce qui les motive et comment ils motivent les autres. Bocar Mamadou Daff, âgé de 51 ans, est directeur de la santé de la reproduction au Ministère de la Santé et de la Prévention du Sénégal :

Q : Qu’est-ce qui vous motive ?

R : La réponse peut se trouver dans mon passé. Je suis originaire d’une région rurale où il y avait de nombreux problèmes de santé. Les membres de la communauté dans laquelle j’ai grandi n’avaient même pas accès à la médecine moderne. Ils utilisaient tous la médecine traditionnelle qui était disponible localement, et quand elle était impuissante, ils parcouraient de grandes distances en quête de médecine moderne. 

J’avais une sœur qui était très, très malade pendant 15 jours, sa peau était devenue jaune. Les gens disaient que c’était la faute du diable. J’ai demandé à mon instituteur quel était la cause du problème, et il m’a dit : « Tu dois l’emmener à un poste sanitaire ». (Il a marqué un temps d’arrêt, et ses yeux se sont remplis de larmes.) Je ne savais pas quoi faire, mais le lendemain j’ai parlé à ma mère et elle a emmené ma sœur au centre, suivant le conseil de mon instituteur. J’étais très, très proche de cette sœur malade. Mes autres frères et sœurs étaient beaucoup plus âgés que moi, alors j’étais toujours en la compagnie de cette sœur. Je suis devenu un partisan de la médecine moderne, et heureusement, j’ai eu la possibilité de l’étudier et j’ai pu atteindre un haut niveau dans mon travail et aider d’autres personnes.

Il s’agit d’une obligation pour moi maintenant, d’une obligation morale, d’aider les autres. Chaque nuit, je dois me demander si ce que je fais est bien. Est-ce que mon travail va aider les populations les plus pauvres ? Va-t-il y avoir d’autres personnes qui vont être malades comme ma sœur, mais mourir ou d’autres encore qui vont donner naissance à un enfant dans des conditions dangereuses ? Je suis très content de faire mon travail. J’ai une équipe avec laquelle je travaille, et mon rôle est de les rassurer et de les motiver à faire du bien.

Q : Comment les motivez-vous ?

La chose la plus importante est de leur montrer que j’accorde beaucoup de valeur à ce qu’ils font. Il est important de leur faire comprendre que pour chacune de leurs actions et chacune de leurs tâches, ils doivent prendre des décisions cruciales -- des décisions qui peuvent aider à sauver des vies ; et que s’ils font des erreurs, ils ne doivent jamais les refaire. Nous sommes actuellement en train de construire notre équipe. La construction d’une équipe est essentielle pour avoir une vision unie.

Q : Quelles qualités recherchez-vous quand vous engagez quelqu’un ?

 R : Ce qui est le plus important pour ce domaine de la santé publique c’est de savoir si les candidats assument leur côté humain. Sont-ils capables d’écouter les autres et d’accorder de la valeur à ce qu’ils disent ? Ont-ils la volonté de s’effacer pour aider autrui ? Pour moi, c’est ça qui compte le plus.

 Q : Est-il difficile de trouver quelqu’un qui correspond à cette définition ?

R : C’est difficile. La personne que je recherche doit être capable d’émotion et d’empathie. Cette empathie est dure à trouver, parce qu’en réalité ce qui motive la plupart des gens qui cherchent un emploi, c’est l’argent. Mais la vie va tellement au-delà des conforts individuels.

 Q : Qu’est-il arrivé à votre sœur ?

 R : Je suis très content de vous dire que ma sœur, Diary, est toujours avec moi. Nous parlons tous les jours. C’est une très bonne chose, et c’est grâce à l’instituteur dont je vous ai parlé.

 

Other Motivators:

Khadka Bahadur Basyal Sarki, State Minister in the Ministry of Health and Population in Nepal.

Roman Tesfaye, director general of the Policy, Plan & Finance General Directorate in the Ministry of Health in Ethiopia.

Dr. Issa Bara Berthe, chief of statistics and information division at the Ministry of Health in Mali.

Dr. Aminata Kanu, MLI country lead, Sierra Leone.

Amara Koroma, director of financial services, and Dr. Samuel A.S. Kargbo, director of reproductive health in Sierra Leone's Ministry of Health and Sanitation.

Photo credit Dominic Chavez.