Transcription de l'entrevue avec Dr. Daoh en français
Je m’appelle Dr K.S. Daoh. Je suis le médecin chef du Ministère de la santé et de l’hygiène de la Sierra Leone. Je suis premier conseiller du gouvernement sur les questions de la santé, et j’encadre certains directeurs au sein de la Santé, en particulier tous les directeurs techniques et, bien entendu, j’assume la responsabilité pour les performances en matière de santé dans notre pays.
(Interviewer) Dans le cadre de vos fonctions, quels sont les défis les plus considérables ?
Le défi le plus considérable est en fait d’assurer la prestation de services de qualité qui soient accessibles par tous en Sierra Leone, en particulier par les groupes très vulnérables que nous avons identifiés, c’est-à-dire les femmes et les enfants, notamment les enfants de moins de cinq ans.
(Interviewer) Et qu’essayez-vous de faire à l’heure actuelle en vue de réduire la mortalité maternelle ?
Nous travaillons très dur en matière de collaboration avec les partenaires et de mobilisation des ressources des parties prenantes, même au niveau de la communauté, afin de créer un environnement dans lequel nous sommes conscients des besoins ; et même au sein du ministère, nous sommes appuyés par des programmes qui ont reçu des fonds de nombreux partenaires. Nous avons récemment établi un programme de santé de la reproduction et de l’enfant -- il s’agit d’un nouveau programme, avec une nouvelle équipe de direction et un groupe de professionnels très, très bien formés qui travaillent au sein de cette équipe de direction et qui ont des liens avec les districts, du fait que nous ayons adopté un système décentralisé. Et la conception du descriptif de projet et des stratégies est telle que, avec un financement et des ressources adéquats, il y a de fortes chances que nous serons en mesure de réduire les décès maternels et infantiles en Sierra Leone.
(Interviewer) Les salaires peu élevés des travailleurs de la santé représentent l’un des problèmes les plus importants dans ce pays. Que pouvez-vous faire pour plus ou moins améliorer cette situation ?
C’est un domaine à propos duquel nous faisons beaucoup de plaidoyer, même auprès de notre gouvernement. Ce qui est positif, c’est que le problème est très, très bien connu aux plus hauts échelons de l’État. Il est ressorti du dialogue à ce sujet avec nos partenaires, en fait, que l’économie n’est pas assez robuste pour nous permettre à tous, en tant que fonctionnaires, de recevoir un salaire élevé. Nous avons même demandé la création d’une commission dédiée aux services de santé qui serait chargée de se pencher spécifiquement sur les questions liées à la santé et aux travailleurs de la santé. Ainsi, il y a bon espoir que dans les deux années à venir, nous puissions recevoir un salaire décent. Pour l’instant, cela reste un problème.
(Interviewer) Est-ce que ce problème est parmi ceux sur lesquels vous aimeriez voir se concentrer les partenaires et donateurs extérieurs ?
Oui, c’est notre espoir. Ce n’est pas encore une vision qui a été adoptée par tous, car très souvent ils nous rappellent que ce n’est pas un sujet qui relève de leur sphère d’influence, mais nous pensons que les partenariats doivent continuer dans les domaines où les faiblesses existent et que ce sujet s’avère être l’un des points essentiels auxquels nous aimerions que nos partenaires prêtent attention. Et ce n’est pas un nouveau problème, car les organismes nous informent que ce problème est critique pour résoudre les questions de santé et de soins de santé dans les pays. Alors nous espérons que cela sera réglé dans les pays qui reçoivent de l’aide particulièrement dans notre pays, mon pays – pour que nos collègues puissent avoir un salaire décent qui les motivera à fournir des services à leur compatriotes.
