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Bulletin d'ILM: 15 décembre 2011

December 15, 2011

Une rencontre au sommet établit un lien entre la croissance économique et la planification familiale.

Lors de la Deuxième Conférence Internationale sur la Planification Familiale, l’ILM a co-organisé une réunion au sommet entre les Ministres de la Santé, des Finances, de la Planification et du Développement social afin d’appréhender la façon dont le dividende démographique peut favoriser la croissance économique et le développement de leur pays. Au cours de cette longue journée d’échanges intitulée « Contribuer à la mise en œuvre du dividende démographique pour améliorer la croissance économique », les hauts fonctionnaires des ministères ont débattu des dynamiques démographiques dans les pays d’Afrique subsaharienne et des moyens employés par les gouvernements pour essayer de faire face à la hausse soutenue des dépenses publiques consacrées à répondre aux besoins de leurs citoyens. Le dividende démographique positif résulte de la faculté d’un pays à positionner une population jeune en croissance pour devenir le moteur du développement économique futur. Ceci implique la nécessité d’investir dans la planification familiale afin de maintenir la croissance de la population à des niveaux raisonnables pour que le niveau de santé des enfants et des mères puisse être acceptable. Des investissements gouvernementaux complémentaires dans l’éducation des filles comme des garçons ont le pouvoir de préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail.   

Un exposé marquant lors de cette réunion fut celui du Docteur Cornelius T. Mwalwanda, le Ministre adjoint des Finances du Malawi, qui a imaginé des nouveau-nés ayant vu le jour dans d’épouvantables conditions se poser la question suivante : « Qu’avons-nous bien pu faire pour mériter de naître dans de telles conditions ? » L’exposé dramatique du Docteur Mwalanda a mis en évidence la nécessité d’investir dans la planification familiale, qui constitue un facteur essentiel du développement économique. Il s’agit d’un tournant décisif, et la directrice de l’ILM, Rosann Wisman, écrit sur le blog de l’ILM, Leading Global Health : « Dans la lancée du Programme d’action du Caire, les débats à Dakar ont créé un nouveau cadre présentant la planification familiale comme un facteur clé à la fois pour la santé des femmes et le développement économique. Et ce cadre sera défendu au sein des ministères des Finances par des personnes soutenant le Programme telles que le Docteur Mwalwanda du Malawi, qui contribueront à construire le futur ».

La rencontre a été organisée par la Banque mondiale, l’US Agency for International Development (USAID), l’UK Department for International Development (DFID), The Bill and Melinda Gates Foundation  et le Bureau Régional Afrique de Partenaires en Population et en Développement (BRA PPD). 

Le message de prise en charge par les pays a été accueilli avec enthousiasme lors de la séance plénière de clôture.

Lors de la séance plénière de clôture de la Conférence Internationale sur la Planification Familiale, un intervenant s’est distingué en présentant un message pertinent pour tous les secteurs. Le Ministre d’État Kesetebirhan Admassu du Ministère fédéral éthiopien de la Santé s’est adressé directement aux gouvernements africains : « Nous devons avoir le courage de dire « non » aux donateurs et aux projets qui ne correspondent pas aux plans nationaux. ». Insistant sur la nécessité pour ces pays d’être aux commandes, le Ministre Admassu a évoqué la réussite de la planification familiale en Éthiopie : « Notre taux de prévalence de la contraception a atteint 29 %, contre 14 % en 2005. Ce résultat n’aurait pu être atteint sans la participation active du pays et un leadership déterminé ». Les dirigeants éthiopiens sont parvenus à  mettre en œuvre des programmes de santé aux quatre coins du pays par le biais de leur programme pilote Health Extension Workers (HEW) . Plutôt que de lancer de multiples projets pilotes pour satisfaire les donateurs, le ministère a élargi la portée du programme à l’échelle nationale en l’espace de quatre années à peine, employant maintenant 38 000 travailleurs HEW dans les zones rurales qui ont pu administrer des contraceptifs tels que des solutions injectables et des DIU. En s’appuyant sur l’exemple du succès éthiopien, le Ministre Admassu a souligné l’importance du besoin pour les gouvernements présents de conduire et d’orienter les donateurs, tout en garantissant que les priorités des partenaires soient alignées sur celles des ministères et qu’elles faciliteront leur mise en œuvre.

Le Dr Daff partage la réussite de la stratégie de l’ILM : Advocacy Inside Ministries for Reproductive Health (AIM for RH) [Sensibilisation au sein des ministères pour la santé de la reproduction].

En tant que co-président de la Conférence Internationale sur la Planification Familiale, le Dr Bocar Daff, directeur de la Division de la Santé de la Reproduction (DSR), s’est retrouvé au centre de toutes les attentions internationales. S’appuyant sur son rôle influent, le Docteur Daff a expliqué lors de son exposé de quelle manière de telles opportunités pouvaient contribuer à la sensibilisation à la planification familiale, « Advocacy Inside Ministries : Comment les responsables ministériels de haut niveau peuvent s'y prendre pour faire passer au niveau supérieur le dialogue sur la santé de la reproduction et la planification familiale ». Il est important pour les dirigeants des ministères, a déclaré le Docteur Daff au public, de s’appuyer sur la sensibilisation au problème pour retenir l’attention des membres du gouvernement. Au cours des deux dernières années, avec l’aide de l’ILM, le Docteur Daff a souligné l’importance de la santé de la reproduction au Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Prévention du Sénégal. Et cela a porté ses fruits. Non seulement au sein du Ministère, mais également au plus haut niveau du gouvernement sénégalais. Lors de la séance plénière d’ouverture de la Conférence, le Président Adoulaye Wade a promis de mobiliser 500 millions de FCFA (environ 1 M$) pour l’achat de moyens de contraception. Ceci a augmenté le budget de la DSR de 15 %.

« Depuis un certain temps maintenant, nous ne pouvions pas vraiment compter sur un soutien efficace en haut lieu pour défendre la planification familiale. Depuis hier [lors de la séance plénière d’ouverture], grâce au président, nous avons constaté une tendance inverse » a indiqué le Docteur Daff. Déterminé à faire progresser la politique en matière de santé de la reproduction dans son pays, le Docteur Daff est en train de faire évoluer sa division vers une direction à part entière du Ministère dotée d’un budget qui autorisera un programme bien plus ambitieux afin d’améliorer la santé de la reproduction au Sénégal.

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